Vous rêvez de devenir traducteur / traductrice ? Ou vous vous demandez qui se cache derrière les dialogues que vous lisez ? Rencontre avec Arnaud Delage, le traducteur de Sun-Ken Rock chez Doki-Doki.
Doki-Doki : Comment devient-on traducteur de japonais ? Est-ce une vocation ou un hasard de la vie dans ton cas ?
Arnaud Delage : Une vocation, ce serait un peu exagéré. Disons que ça résulte de mon choix d'entrer à l'INALCO pour étudier le japonais.
Pourquoi étudier le japonais me diras-tu... Eh bien, depuis petit, j'aimais bien les dessins animés japonais et les jeux vidéo et dans les deux cas, on voyait quelquefois des signes étranges à l'écran (exemple : Rémi sans famille avec la carte de France écrite en japonais), et ça m'a toujours intrigué.
Je me souviens aussi d'une série qui passait sur Canal Plus en 1986 (j'ai fait une recherche ^^ ), une série avec Toshiro Mifune appelée "Winchester est à louer", une sorte de chambara japonais avec des fusils, et j'adorais ça. J'étais aussi fan d'un groupe de métal japonais au lycée : Loudness. Tout ça mis bout à bout fait, qu'instinctivement, j'avais un gros faible pour le Japon.
Plus tard, avec un ami qui lui aussi avait la fibre nipponne, on a décidé de suivre des cours du soir de japonais tout en étant au lycée (pour l'anecdote, lui aussi est devenu traducteur et il traduit aussi pour Doki-Doki.) Après une année de droit ratée, j'ai décidé de sauter le pas et d'aller à l'INALCO étudier le japonais. Après, la chance a voulu que je puisse entrer dans ce milieu là et que je vive de ça.
Et comment en es-tu venu à traduire plus spécifiquement du manga ?
Arnaud Delage : Là, c'est ze coup de bol. En fait j'ai commencé par les sous-titres d'animé grâce à une amie qui faisait déjà ça. Après, j'ai suivi mon petit bonhomme de chemin. J'ai la chance de faire partie de la première génération des traducteurs de mangas, la plupart des "gros traducteurs" sont mes potes de fac et pour certains, mes amis. Donc, naturellement, on m'a proposé de me lancer dans l'aventure de la traduction de mangas, et il n’a pas fallu me le dire deux fois. Ma principale activité reste néanmoins le sous-titrage de dessin animés et films japonais, car c'est que je fais depuis plus longtemps (bientôt 10 ans).
La traduction d’un titre comme Sun-Ken Rock, aux nombreuses références coréennes, te donne-t-elle du mal ? Comment y remédies-tu ?
Arnaud Delage : Alors, là aussi, coup de bol. Un de mes meilleurs amis est coréen. Donc à chaque fois que je finis la traduction d'un volume, je lui envoie un petit fichier des mots coréens que j'ai trouvés, et il me les explique et me les écrit correctement. Hormis ça, la traduction de Sun-Ken Rock est un pur plaisir et j'aimerais que tous les mangas soient aussi sympas à lire et à traduire.
Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite devenir traducteur ou traductrice ?
Arnaud Delage : Ouh là, je dirais attention. Lorsque j'ai commencé, il était plus facile de trouver des débouchés, vu qu'il y avait moins de traducteurs intéressés par ce milieu. Maintenant, beaucoup de gens apprennent le japonais pour devenir traducteur, c'est devenu beaucoup plus dur de se faire sa place...
Mon conseil : apprendre en France les bases (INALCO, Jussieu et autres...) et foncer au Japon pendant au moins un an pour parfaire son oreille et son oral. Après, c'est le hasard de la vie et des rencontres qui vous orientera, peut-être, vers la traduction de mangas.

Sun-Ken Rock © Boichi / Shônen Gahôsha / Doki-Doki
2 commentaires
[ 1 ]
Konnichiwa Annej.
Plusieurs de nos traducteurs sont passés par l'Inalco, si cela peut vous aider...
Konnichiwa.
Il est vrai que lors de ces dernières années est arrivée en fac la génération manga, ce qui rend la concurrence beaucoup plus rude aujourd'hui. Cela dit, je crois savoir que beaucoup d'étudiants ne passeront pas la première année pour la plupart par manque d'assiduité (a fond sur les mangas, mais pas trop sur les cours) Je me demande alors si on n'a pas une place assurée dans la traduction (de manga ou pas, n'importe quel métier qui nécessitera l'usage quotidien du japonais serait le bienvenu)quand on se démène vraiment pour apprendre a parler parfaitement le japonais. Mon plus gros souci reste de trouver quelle formation faire pour travailler dans la traduction (il existe bien des établissements mais peu proposent le japonais) ou bien même (soyons fous) l'interprétariat. Si une personne (quelle qu'elle soit) peut me renseigner, je lui en serait très reconnaissante =)
[ 1 ]