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Entretien avec les auteurs d'Un amour invisible

01/07
À l'occasion de la sortie du Doki-Doki Mag n°5, nous avons pu poser quelques questions à Nanigashi SHIMA, hat., et Seiichi SHIKI, respectivement auteur, dessinateur et concepteur d'Un amour invisible, une romance originale et touchante disponible le 19 août 2026 en librairie.
 
Entretien avec Nanigashi SHIMA, auteur du roman original d'Un amour invisible
 
Doki-Doki : Tout d'abord, merci beaucoup de nous accorder cette interview. Nous sommes très heureux de pouvoir publier le manga adapté de votre roman en France.
Nanigashi SHIMA : Merci beaucoup. Je suis également très heureux que le public français puisse découvrir cette œuvre.
 
D'où vous est venue l'inspiration ? Qu'est-ce qui vous a donné l'envie d'écrire une telle série ?
N.S : L'idée m'est venue en voyant par hasard, dans la rue, une banderole célébrant la médaille de l'athlète Misato MICHISHITA aux Jeux paralympiques de Rio. Dès lors, j'ai commencé à consulter divers ouvrages traitant des marathons pour non-voyants, ainsi que des personnes en situation de handicap visuel. Mais je n'avais pas envie d'écrire une histoire qui se contenterait de faire découvrir ce handicap.
En me renseignant sur la déficience visuelle, j'ai ressenti des émotions qui m'ont profondément transformé, et j'ai voulu retranscrire ce changement intérieur au travers d'une rencontre entre des personnages. Dans cette œuvre, plus que le handicap en lui-même, c'est surtout la façon dont ces personnes continuent à avancer malgré les épreuves, ainsi que leur faculté à changer tous ceux et toutes celles qui croisent leur chemin, que je voulais montrer. Au final, cela a donné naissance à l'histoire de Sorano Kakeru et Fuyutsuki Koharu.
 
Le thème de la cécité, ou même du handicap en général, est encore rarement abordé dans le manga. Comment votre projet a-t-il été reçu ? A-t-il été facile à faire accepter ?
N.S : La plus grande difficulté a été de ne pas traiter la déficience visuelle comme un simple "élément scénaristique". Le sujet étant justement peu fréquent, il existait un risque de l'aborder de façon trop superficielle et de tomber dans une œuvre clichée qui ne chercherait qu'à apitoyer le lecteur sur le sort des personnes handicapées.
Je voulais écrire une œuvre qui racontait la rencontre de deux êtres humains. C'est pour cela qu'après m'être documenté du mieux possible, j'ai finalement choisi de placer au cœur du récit la façon dont vit Koharu et la manière dont Kakeru la perçoit et évolue à son contact.
Comme je suis voyant, il m'a été difficile d'entrer dans la tête d'une personne non voyante comme Koharu et d'imaginer les obstacles qu'elle pouvait rencontrer. Imaginer ce que Kakeru pouvait ressentir en la voyant ainsi n'a pas été plus facile. Sonder l'intériorité de ces deux personnages a vraiment été une tâche ardue.
 
Vos deux personnages sont très touchants. Ils portent tous les deux des blessures, physiques comme émotionnelles. Comment les avez-vous créés ?
N.S : Concernant Kakeru, je ne voulais pas en faire quelqu'un de spécial dès le début. Je souhaitais plutôt le dépeindre comme une personne ordinaire que l'on pourrait croiser n'importe où au Japon. Se tenir un peu à l'écart pour ne pas être blessé, ou se dire qu'il est plus sûr de rester indifférent — ce sont des sentiments qui existent, à des degrés divers, chez beaucoup d'entre nous.
D'un autre côté, je ne voulais pas non plus faire de Koharu quelqu'un de simplement fort. Même si elle regarde devant elle, ça ne veut pas dire qu'elle est insensible ou qu'elle n'a jamais rien perdu. J'ai tenu compte de tout cela pour imaginer un personnage qui pourrait, malgré tout, rester dans le cœur des gens.
Je ne me suis inspiré de personne de précis dans mon entourage. Ce sont plutôt des fragments de tout ce que j'ai vu et entendu — des moments où les gens cachent leurs sentiments, ou au contraire où ils sont sauvés par quelqu'un sans s'y attendre. J'aime observer les changements quotidiens des gens et de la société, et je crois que cela transparaît clairement dans mon travail.
 
Votre roman a eu tellement de succès qu'il va bientôt bénéficier d'une adaptation en anime. Comment avez-vous reçu la nouvelle ? Travaillez-vous, vous aussi, sur le projet ?
N.S : Quand j'ai appris qu'il y aurait une adaptation animée, j'ai été très surpris. En tant qu'auteur, je suis vraiment heureux de voir qu'une de mes œuvres a pu être développée sous une autre forme que le texte seul, et j'ai ressenti en premier lieu une profonde gratitude envers tous les lecteurs qui m'avaient soutenu jusqu'à présent. D'un point de vue personnel, je n'ai pas eu le sentiment d'un grand bouleversement — ce qui avait d'ailleurs également été le cas lorsque j'avais obtenu le GA Bunko Award, un prix que personne n'avait reçu depuis trois ans. Au fond, je crois que je suis fait pour une seule chose : écrire l'œuvre qui se trouve devant moi avec le plus de sincérité possible.
Concernant mon implication dans la production, je préfère apporter mon aide lorsqu'elle est jugée nécessaire plutôt que d'être en première ligne pour diriger le projet. Je suis un ardent défenseur du principe : « À chacun son métier. » Je suis un professionnel de l'écriture, mais certainement pas de l'animation. L'animé étant une interprétation du roman, je préfère faire confiance au travail et au regard des personnes qui le réalisent. J'ai vraiment hâte de découvrir les nouveaux charmes qui en découleront.
 
L'une de nos scènes favorites dans l'adaptation manga est celle où l'on peut voir Koharu jouer du piano. Le thème de la musique semble très récurrent dans vos œuvres. Avez-vous une attache particulière à celui-ci ? La musique est-elle pour vous une échappatoire ?
N.S : Pour moi, la musique a le pouvoir de transmettre des choses que les mots seuls sont incapables de rendre. Le roman est un moyen d'expression qui passe par les mots, mais concernant les sentiments des personnages, il y a toujours une part que les mots ne peuvent atteindre. La musique, elle, a la capacité d'être le porte-parole de cette part manquante.
C'est précisément pour cela que je ne veux pas la présenter comme une solution miracle. Plutôt qu'un remède universel, je pense que la musique peut nous aider à prendre conscience de notre monde intérieur — même lorsque nous continuons à porter des sentiments que nous n'arrivons pas à formuler. Dans mes œuvres, je la décris souvent comme quelque chose qui va apporter un déclic, et non une réponse magique. Elle n'efface pas la douleur, mais en révèle les contours.
J'ai l'impression que ces variations émotionnelles ont également été captées avec beaucoup de finesse dans le manga. Je suis vraiment très reconnaissant que la délicatesse des personnages ait pu être dépeinte sous une autre forme que le roman.
 
Pour terminer, avez-vous un message pour les lecteurs français ?
N.S : Au travers de cette œuvre, j'ai voulu parler de cette capacité qu'ont les êtres humains à changer après avoir rencontré quelqu'un — même après une perte ou une blessure — et non de la peur de perdre quelque chose.
À l'avenir, je continuerai à écrire sur ceux et celles qui s'efforcent de faire de leur mieux. Les personnes fortes, mais aussi celles qui doutent, celles qui se figent, et qui malgré tout ont une farouche volonté d'aller de l'avant. Si de tels personnages peuvent rester dans le cœur des lecteurs, j'en serai très heureux.
Chers lecteurs et lectrices de France, cette histoire est remplie d'émotions et de paysages typiquement japonais — mais le fait de changer grâce à une rencontre, ou de vouloir comprendre l'autre sans jamais y arriver complètement, sont des sujets universels. Si, au travers de cette lecture, vous trouvez quelque chose qui résonne avec vos propres souvenirs ou sentiments, rien ne pourra faire plus plaisir à l'auteur que je suis. Je vous suis reconnaissant d'accueillir chaleureusement cette œuvre venue d'un pays si loin du vôtre. Merci du fond du cœur.
 
Entretien avec hat., dessinateur du manga Un amour invisible
 
Doki-Doki : Tout d'abord, merci beaucoup de nous accorder cette interview. Nous sommes très heureux de pouvoir publier votre manga en France.
 
Comment avez-vous eu l'envie de travailler comme mangaka ? Avez-vous suivi des études pour cela ?
hat. : Le déclic qui m'a donné envie d'être mangaka, c'est mon désir de "réaliser un animé tout seul". Dès ma plus tendre enfance, dessiner a été mon passe-temps préféré, et j'ai ensuite découvert les animés — ces dessins qui bougeaient et racontaient une histoire. Vers le CM2, j'ai commencé à vouloir faire mon propre animé avec des personnages, des décors et une histoire tout droit sortis de mon imagination. En même temps, j'ai compris qu'il fallait beaucoup de personnes aux rôles différents pour faire un animé, et que seul, je n'y arriverais jamais. C'est à cette même époque que, pendant une coupure publicitaire, je suis tombé sur une réclame pour l'œuvre originale d'un animé, et j'ai réalisé que celle-ci était bien souvent un manga. Je me suis alors dit : "Et si je faisais un manga seul plutôt ?" C'est ainsi que j'ai pris conscience de ce que représentait le métier de mangaka.
Je me suis mis sérieusement à la création de manga au collège, en utilisant du papier spécial, des plumes et des trames. À l'époque, je n'étais pas encore habitué à faire des recherches sur internet, alors je me contentais d'apprendre en imitant. Lorsque j'ai dû choisir mon orientation au lycée, j'ai été attiré par les écoles spécialisées dans le manga, mais je n'avais pas encore la volonté nécessaire pour me dire : "Je vais me consacrer uniquement à ça et devenir mangaka !" J'ai donc préféré intégrer une université des beaux-arts où j'ai étudié le design graphique et l'animation. Lorsqu'un ami, dont je parlerai plus tard, a commencé sa carrière de mangaka, j'ai travaillé comme assistant auprès de lui. Cette expérience a été, je crois, la plus formatrice pour mon apprentissage du métier.
Parallèlement, après avoir obtenu mon diplôme, j'ai travaillé en tant qu'illustrateur freelance sur de nombreuses œuvres, sans jamais renoncer à faire mon propre manga. J'ai repris la création en passant au dessin numérique, et à force de publier des chapitres spéciaux, j'ai finalement reçu une proposition pour adapter ce roman.
 
Y a-t-il des œuvres — mangas, romans, films — qui vous ont particulièrement marqué ?
hat. : Plus qu'aux œuvres, je suis surtout attaché aux auteurs. J'admire profondément le travail de l'illustratrice Mutsumi INOMATA — j'ai le sentiment qu'elle m'a grandement influencé. J'ai été très touché par l'annonce de son décès l'an dernier, et même aujourd'hui, je doute que quelqu'un puisse la dépasser à mes yeux dans l'art de l'illustration.
 
Comment avez-vous été contacté pour dessiner l'adaptation d'Un Amour invisible ? Connaissiez-vous l'œuvre originale ?
hat. : Une amie qui dessine un manga pour Square Enix avait appris qu'un responsable éditorial cherchait un mangaka au trait élégant pour adapter ce roman. Pensant que mon style pourrait convenir, elle m'a immédiatement contacté. C'est ma plus vieille et ma plus proche amie, et je respecte énormément son travail d'autrice — apprendre qu'elle m'avait recommandé m'a vraiment mis aux anges. Comme je ne connaissais pas le roman original, elle avait joint à son message l'illustration de couverture. Fortement attiré par la jeune fille fragile et lumineuse qu'on y voyait — l'héroïne Koharu — j'ai immédiatement répondu en réclamant de plus amples détails.
 
Qu'est-ce qui vous a le plus plu dans le scénario ? Et qu'est-ce qui vous plaît le plus aujourd'hui quand vous dessinez le manga ?
hat. : Au risque de tout dévoiler, je ne peux pas entrer trop dans les détails, mais ce qui m'a particulièrement plu, c'est la façon qu'a l'auteur de dépeindre la vie en général. Au début, j'ai lu l'œuvre en pensant à la manière dont j'allais pouvoir la rendre en manga, mais au fur et à mesure, je me suis laissé emporter par l'histoire — et comme je suis particulièrement sensible à ce genre de dénouement, j'ai fini par en avoir les larmes aux yeux.
Ce qui me procure le plus de satisfaction quand je dessine, c'est la finalisation des grandes cases centrées sur Koharu. Il s'agit souvent des moments clés de l'histoire, mais Koharu n'utilise pas tout son corps pour exprimer ses émotions — elle ne saute pas de joie, par exemple. C'est pourquoi il y a souvent des portraits en buste avec des expressions assez proches les unes des autres. En jouant sur les trames et les poses, j'arrive néanmoins à faire ressortir des nuances de douceur et d'éclat. Au début, j'avais du mal à varier ses expressions, mais petit à petit, mon répertoire s'est enrichi — au point que même Kakeru se surprend à en avoir le cœur qui bat la chamade.
 
Pouvez-vous nous décrire votre façon de travailler ? Suivez-vous fidèlement le scénario du roman ou ajoutez-vous parfois quelques touches d'originalité ?
hat. : En principe, je dessine en suivant fidèlement le storyboard de maître SHIKI, chargé de la conception du manga. Cependant, comme l'histoire se déroule dans un lieu bien réel — l'île de Tsukishima à Tokyo —, je fais particulièrement attention aux arrière-plans. Pour chaque chapitre, je me rends en personne sur place et je photographie les paysages tout au long des parcours empruntés par les personnages, d'après le storyboard, avant de m'en servir comme modèle pour dessiner.
 
Les deux protagonistes portent chacun un passé douloureux et touchent les lecteurs au plus profond d'eux-mêmes. Vous êtes-vous attaché à un personnage en particulier ? Si oui, pourquoi ?
hat. : Oui, à Kakeru. Sa façon de réfléchir à comment interagir avec Koharu, qui est malvoyante, et les gestes qui en découlent m'ont rappelé ma propre enfance. Sa conversation avec Narumi sur le fait d'agir normalement, dans le chapitre 3 du premier volume, m'a vraiment marqué, même si elle est assez courte.
La ville où j'ai grandi bénéficiait d'un bon système d'aide sociale, et l'école que je fréquentais a toujours accueilli des élèves en situation de handicap. Comme j'étais encore petit à l'époque, je n'y réfléchissais pas vraiment — j'agissais tout naturellement avec eux, comme le conseillait Narumi. Mais même en ayant vécu ce type d'expérience, je me demande comment j'aurais réagi si cela s'était passé à l'université, comme c'est le cas pour Koharu. Aurais-je pu me conduire de façon tout à fait normale ? Koharu est donc un personnage qui, en même temps qu'il fait remonter des souvenirs, me pousse à me questionner.
 
Au moment où cette interview sera publiée, l'adaptation en animé commencera tout juste à être diffusée. Quel effet cela vous fait-il ? Êtes-vous impliqué dans le projet ?
hat. : Je ne suis pas impliqué dans la production de l'animé, mais comme je l'ai dit plus tôt, j'ai une forte attraction pour ce médium. Je vois le manga comme un récit centré sur les dialogues, qui avance tranquillement, à son propre rythme. En tant que grand fan de l'œuvre originale, j'ai vraiment hâte de découvrir quelle mise en scène l'animé proposera.
 
Pour terminer, avez-vous un message pour les lecteurs français ?
hat. : La relation entre Kakeru et Koharu est ancrée dans le handicap visuel et la différence de perception du monde, mais l'empathie envers l'autre et les tiraillements intérieurs sont des sentiments universels — et j'imagine que beaucoup de gens, qu'ils soient du Japon ou de France, les partagent.
En tant que dessinateur, je fais de mon mieux pour retranscrire avec soin le monde délicat et magnifique imaginé par maître SHIMA, en m'appuyant sur le travail de composition de maître SHIKI. J'espère de tout cœur que cette adaptation en manga du roman Un amour invisible ravira le public français. Merci beaucoup à tous !
 
Entretien avec Seiichi SHIKI, concepteur du manga Un amour invisible

Doki-Doki : Comment avez-vous découvert le roman à l'origine de la série ? Pouvez-vous nous raconter comment cela s'est passé et ce qui vous a plu dans ce dernier ?
Seichii SHIKI : Je l'ai découvert pour la première fois quand on m’a proposé de travailler sur la conception du storyboard (ou de ce que l'on appelle "nemu" en japonais). À ce moment-là, je travaillais déjà sur une autre série, et honnêtement, je n'étais pas sûr de pouvoir en accepter une deuxième sans que cela ne nuise à la qualité de ce que je faisais. Mais quand j'ai lu le manuscrit, j’ai tout de suite eu envie de l'adapter, je voulais absolument m'impliquer dans cette série. J'ai donc accepté sans hésiter. 
Le roman a de très nombreuses qualités. Mais je dirais que son principal atout réside dans la force de volonté des personnages. J'ai beau avoir lu et relu les dialogues un nombre incalculable de fois, je suis toujours aussi touché par ces derniers, par les émotions véhiculées par chaque réplique ! 
 
Pouvez-vous nous dire en quoi consiste votre travail exactement ?  
Êtes-vous directement en contact avec le scénariste et le dessinateur ?

S.S : Mon travail consiste d'abord à lire attentivement l'œuvre originale, à m'en imprégner au mieux, puis à imaginer la mise en page, les dialogues et les expressions de chaque personnage afin de la transposer sous la forme d'un manga. Je réalise alors ce que l’on appelle un nemu ; une sorte de plan ou plutôt de brouillon qui sert de base au manga en indiquant comment chaque scène doit être dessinée. C'est en se servant de celui-ci que hat., le dessinateur, se charge ensuite de réaliser les planches définitives.
En principe, nous ne communiquons, hat., SHIMA et moi, que par le biais de l’équipe éditoriale de la série. Mais apparemment, une rencontre sera bientôt organisée. Ce sera certainement déjà fait quand cette interview sera publiée. J’ai hâte de pouvoir faire leur connaissance !

Adaptez-vous fidèlement le scénario ou ajoutez-vous parfois quelques touches d'originalité dans le manga ?
S.S : Je n’ajoute pratiquement rien. Il m’arrive de faire de légers ajustements, pour rendre certains passages plus naturels ou mieux faire passer les émotions dans le manga, mais je m’efforce de rester le plus fidèle possible à l’œuvre originale. Je veux que les lecteurs qui découvrent l'histoire en lisant le manga puissent la recevoir dans sa forme la plus pure.
 
Faire ce métier était-il un rêve de jeunesse ? Y a-t-il des œuvres (mangas, romans, anime, etc.) qui vous ont marqué ou influencé plus que d'autres ?
S.S : J’ai toujours aimé dessiner, mais je n’ai envisagé sérieusement de devenir mangaka qu’à partir d'environ 20 ans. Je ne me suis jamais considéré particulièrement doué pour le dessin. Alors, quand j'étais enfant, je rêvais plutôt de devenir une sorte d'écrivain.
Les œuvres qui m’ont le plus marqué sont sans doute celles de mon enfance. Pour les mangas, je citerais Ushio et Tora et La Quête de Dai, et pour les anime, Adrien le sauveur du monde.

Aujourd'hui, votre adaptation manga est elle-même adaptée en anime. 
Quel effet cela vous fait-il ? Travaillez-vous, vous aussi, sur le projet ?

S.S : Même si je participe à la réalisation du manga, mon rôle est plutôt de ceux qui se trouvent dans les coulisses. Alors, je le vis un peu comme un simple fan : j’ai hâte de voir le résultat ! 
Je ne suis pas impliqué dans la production de l’anime. J’attends impatiemment de pouvoir découvrir, en même temps que tout le monde, la manière dont l’histoire sera mise en scène.

Merci pour toutes vos réponses ! Y a-t-il autre chose que vous aimeriez nous dire sur la série ? Un mot pour les lecteurs français ?
S.S : Pour réaliser cette adaptation, j’ai dû lire et relire le roman original un nombre incroyable de fois. D’ailleurs, j’ai toujours le livre à portée de main sur mon bureau, et il m’arrive encore d’en relire des passages de temps en temps, même sans raison particulière. 
Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement remarquable, mais je pense que je peux être fier du nombre de lectures que j'en ai faites. Il se pourrait même que je l'aie lu presque autant de fois que son propre auteur ! Et malgré cela, encore aujourd’hui, l’histoire réussit toujours à me faire pleurer…
Alors, j’ai tenu à faire de mon mieux sur cette adaptation pour que les lecteurs du manga puissent l’apprécier et la chérir autant que moi. J’espère sincèrement que, pour les lecteurs français aussi, ce sera une série qu’ils auront envie de relire de temps en temps… et qui saura les émouvoir aux larmes à chaque lecture !
 

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